Je ne sais pas vraiment quand je suis tombé dans l'informatique et que ma passion geekesque s'est révélée, ça se situe quelque part entre la fin de l'école primaire et le début du collège. A cette époque, mon voisin possédait un Amstrad CPC 464 à cassette avec quelques jeux, mais quelque chose me fascinait plus que tout à cette époque: le BASIC intégré: on pouvait faire des choses de ses deux doigts (oui, à l'époque on passait notre temps à chercher où était telle touche...).

gfabox.jpgC'est pour Noël 1992 que mes parents m'ont offert un Atari 520 STf, j'avais 12 ans, bientôt 13. A cette occasion, mon cousin Philippe a eu la riche idée de m'offrir le GFA Basic ! Quelle révélation: j'ai pu découvrir des tas de choses grâce à cela: la programmation et divers concepts importants. Je n'avais rien fait de bien sérieux, mon niveau stagnait très bas mais j'étais content de mes petites création malgré tout.

Ah zut, sans le vouloir j'ai lâché le mot: création. Zut, je voulais parler de mes émerveillements avec les rubriques démo et programmation de ST Magazine et de Start Micro Mag. J'ai beaucoup appris avec ces articles, j'ai rêvé et rêvé à ces petites choses animées à l'écran, à ces musiques soundchip, à ces fabuleux graphs (à l'époque déjà j'étais émerveillé par les oeuvres du Mic dans Start Micro, et ça n'a pas changé).
La création, c'est, il me semble, LE point commun entre ces machines mythiques. A cette époque, il régnait un je ne sais quoi qui pousser à faire des choses. Les magazines étaient (hors presse PC) tous plus intéressants les uns que les autres, on y trouvait une rubrique démo plus qu'intéressante (personnellement, c'était ma première lecture).

Puis, en 1995, c'est le drame ! Je me suis fait avoir par les sirènes du PC. Un magnifique Pentium à 90 MHz et 8 Mo de mémoire !! A cette époque, j'ai d'ailleurs acheté un CD de la distribution Linux MNIS, basé sur une Slackware, peut-être la meilleure chose que j'ai faite à ce moment là.
Les choses avaient changés avec cette machine, mais c'était tellement plus pro. Pensez-vous, MS-DOS 6.22 et Windows 3.11, la pointe de la technologie ! Je passais du GEM du ST, moche mais convivial et fonctionnel, à un truc euh... moche, mais pas convivial et encore moins fonctionnel. Si si, j'ai goûté la configuration optimale de MSDOS, gratter le plus possible de mémoire conventionnelle (la fameuse limite des 640 Ko !!!) pour faire tourner quelques démos, les messages d'insultes (No Ultrasound, no sound !), et j'en passe.
La pire épreuve a été de convertir un programme de dessin de fractal de l'Atari vers le PC, donc du GFA au QBasic de Microsoft. Alors, le résultat était sidérant: alors que le PC terminait lamentablement le dessin de la dixième ligne de la fractale, le ST avait déjà terminé ! Et sans trucage !! De quoi se poser des questions...
Bon, je ne vais pas me laisser abattre. Mon cousin Vincent m'a passé une copie du Turbo Pascal de Borland. Je n'ai jamais accroché. J'ai essayé l'assembleur x86, je n'arrivais à rien avec ce truc ! Des segments de 64 Ko, mais qui est l'abruti fini qui a laissé ça sur des processeurs de 1995 ?!

C'est suite à la sortie du premier émulateur d'Atari ST pour PC, PaCifiST, que j'ai ressuscité mon 520 STf, puis un 520 STe acheté d'occasion et gonflé à 4Mo. J'ai redécouvert le GFA Basic (wow, quelle classe !), puis l'assembleur 68000 (wow, quelle Zouper-Klasse !). Puis des démos que je n'avais jamais pu voir auparavant.
Ça a aussi été l'époque de mes tout premiers contacts avec la scène: le père ST Survivor, EdO de Sector One (Phil, si tu me lis, tu vas rire, j'ai retrouvé une lettre passionnée que tu m'avais écrite !)... C'était aussi ma première coding party, la JEM98, où j'ai fait la connaissance du groupe Sector One dont je suis actuellement membre, et notamment ma rencontre avec Exyl et notre premier projet de démo. J'ai aussi racheté un Falcon 030 d'occasion, le même qui fait l'objet de quelques articles sur ce blog.
Les choses se sont enchaînées, j'ai rencontré d'autres gens, j'ai participé à la mythique Error In Line 99, puis les suivantes, participé à deux démos qui ont été très bien reçues (ouh, mes chevilles enflent). Enfin bref, un tas de merveilleux souvenirs...
Et maintenant, on est au temps du Web, d'autres défis sont là... Et pourtant, j'ai toujours envie de faire des trucs sur ces vieux machins...