Encore des souvenirs, mais de ma vie de geek...
Par Thomas Reiss le lundi 1 octobre 2007, 21:39 - Ma vie - Lien permanent
Alors que TME se rappelle
de douloureux souvenirs, je me souviens de tout ce que l'Atari a été pour moi,
à mon moment de ma vie.
Certains diront que ce n'est qu'une machine, donc, par définition, sans âme. Et
pourtant, cette machine, au même titre que l'Amiga, le Commodore 64 et d'autres
machines des années 80 et des débuts 90, avaient quelque chose en commun. Je ne
sais pas définir précisément ce que c'est, mais je vais tâcher d'amener petit à
petit ces petits riens qui font que ces machines avaient quelque chose de si
particulier face à ces PCs sans saveurs.
Je ne sais pas vraiment quand je suis tombé dans l'informatique et que ma
passion geekesque s'est révélée, ça se situe quelque part entre la fin de
l'école primaire et le début du collège. A cette époque, mon voisin possédait
un Amstrad CPC 464 à cassette avec quelques jeux, mais quelque chose me
fascinait plus que tout à cette époque: le BASIC intégré: on pouvait faire des
choses de ses deux doigts (oui, à l'époque on passait notre temps à chercher où
était telle touche...).
C'est pour Noël 1992 que mes parents m'ont
offert un Atari 520 STf, j'avais 12 ans, bientôt 13. A cette occasion, mon
cousin Philippe a eu la riche idée de m'offrir le GFA Basic ! Quelle
révélation: j'ai pu découvrir des tas de choses grâce à cela: la programmation
et divers concepts importants. Je n'avais rien fait de bien sérieux, mon niveau
stagnait très bas mais j'étais content de mes petites création malgré
tout.
Ah zut, sans le vouloir j'ai lâché le mot: création. Zut, je voulais
parler de mes émerveillements avec les rubriques démo et programmation de
ST Magazine et de Start
Micro Mag. J'ai beaucoup appris avec ces articles, j'ai rêvé et rêvé à ces
petites choses animées à l'écran, à ces musiques soundchip, à ces fabuleux
graphs (à l'époque déjà j'étais émerveillé par les oeuvres du Mic dans Start
Micro, et ça n'a pas changé).
La création, c'est, il me semble, LE point commun entre ces
machines mythiques. A cette époque, il régnait un je ne sais quoi qui pousser
à faire des
choses. Les magazines étaient (hors presse PC) tous plus intéressants les
uns que les autres, on y trouvait une rubrique démo plus qu'intéressante
(personnellement, c'était ma première lecture).
Puis, en 1995, c'est le drame ! Je me suis fait avoir par les sirènes du
PC. Un magnifique Pentium à 90 MHz et 8 Mo de mémoire !! A cette époque, j'ai
d'ailleurs acheté un CD de la distribution Linux MNIS, basé sur une Slackware,
peut-être la meilleure chose que j'ai faite à ce moment là.
Les choses avaient changés avec cette machine, mais c'était tellement plus
pro
. Pensez-vous, MS-DOS 6.22 et Windows 3.11, la pointe de la
technologie ! Je passais du GEM du ST, moche mais convivial et
fonctionnel, à un truc euh... moche, mais pas convivial et encore moins
fonctionnel. Si si, j'ai goûté la configuration optimale de MSDOS, gratter le
plus possible de mémoire conventionnelle (la fameuse limite des 640 Ko !!!)
pour faire tourner quelques démos, les messages d'insultes (No Ultrasound,
no sound !
), et j'en passe.
La pire épreuve a été de convertir un programme de dessin de fractal de l'Atari
vers le PC, donc du GFA au QBasic de Microsoft. Alors, le résultat était
sidérant: alors que le PC terminait lamentablement le dessin de la dixième
ligne de la fractale, le ST avait déjà terminé ! Et sans trucage !! De
quoi se poser des questions...
Bon, je ne vais pas me laisser abattre. Mon cousin Vincent m'a passé une copie
du Turbo Pascal de Borland. Je n'ai jamais accroché. J'ai essayé l'assembleur
x86, je n'arrivais à rien avec ce truc ! Des segments de 64 Ko, mais qui
est l'abruti fini qui a laissé ça sur des processeurs de 1995 ?!
C'est suite à la sortie du premier émulateur d'Atari ST pour PC, PaCifiST, que j'ai ressuscité
mon 520 STf, puis un 520 STe acheté d'occasion et gonflé à 4Mo. J'ai
redécouvert le GFA Basic (wow, quelle classe !), puis l'assembleur 68000 (wow,
quelle Zouper-Klasse !). Puis des démos que je n'avais jamais pu voir
auparavant.
Ça a aussi été l'époque de mes tout premiers contacts avec la scène: le père
ST Survivor, EdO de
Sector One (Phil, si tu me lis, tu vas rire, j'ai retrouvé une lettre
passionnée que tu m'avais écrite !)... C'était aussi ma première coding party,
la JEM98, où j'ai fait la connaissance du groupe Sector One dont je suis
actuellement membre, et notamment ma rencontre avec Exyl et notre premier
projet de démo. J'ai aussi racheté un Falcon 030 d'occasion, le même qui fait
l'objet de quelques articles sur ce blog.
Les choses se sont enchaînées, j'ai rencontré d'autres gens, j'ai participé à
la mythique Error In Line 99,
puis les suivantes, participé à deux démos qui ont été très bien reçues (ouh,
mes chevilles enflent). Enfin bref, un tas de merveilleux souvenirs...
Et maintenant, on est au temps du Web, d'autres défis sont là... Et pourtant,
j'ai toujours envie de faire des trucs sur ces vieux machins...





Commentaires
TME: zut, j'ai viré ton commentaire en voulant l'éditer. Tu avais plantu l'url. Tu me demandais donc ce que je pense de ton jeu: http://tme520.free.fr/kb.html
Ben rien, ou alors fais le tourner sous Linux :P
La même, en cliquable: http://tme520.free.fr/kb.html
Et bien figure-toi qu'il existe une version du jeu qui fonctionne sous Linux, mais que je ne la diffuse pas à cause de problèmes de gestion du clavier dont la source m'échappe.
Tu pourrais peut-être d'ailleurs m'éclairer sur la question ?
Oula non, ce sont des choses que je ne maîtrisent pas.
Rigolo :-) On a le même ressenti Pascal et ASM X86...
Le GFA basic et le MC68000 avaient placé la barre un peu haut pour les successeurs ;-) !
Un jour, un prof me dit "Quoi ? Un Atari St, mais qui vous a fait acheter cette machine inutile ???". Je jette un oeil sur l'écran vert sur lequel tournait le compilateur Fortran... Et je n'ai rien répondu... Il n'aurait pas compris.