A peine arrivé, un membre de l'association nous invite à prendre place dans un petit train composé d'un locotracteur diesel tractant les wagons de Première et Seconde classe issue de la rame Saint-Germain, dont la fabrication se situe aux alentours de 1850 et qui s'attelle à la Crampton n°80, surnommée « le Lévrier du Rail » et visible au Musée du Chemin de Fer de Mulhouse.
rame_St_Germain.jpg La Première classe était très luxueuse pour l'époque: vrais fauteuils rembourrés, éclairage, vitrage, etc. A l'opposé, la Seconde classe était simplement pourvue de banc en bois inconfortable, heureusement d'un toit qui ne protégeait pas de grand chose, et était ouverte à tout vent... Et encore, la voiture de Troisième classe, visible sous la rotonde, ne disposait pas de toit !

tb407_verticale.jpg Après cette petite mise en jambe, nous sommes allés faire un petit tour dans la cabine de conduite de la 141 TB 407, locomotive à vapeur autrefois exploitée sur les lignes de la banlieue parisienne et qui était la vedette de ces journées.
Après un petit briefing de l'équipe de conduite, composée d'un chauffeur et d'un mécanicien, pour se familiariser avec les différents éléments du poste de conduite, et surtout des principales commandes, nous voilà partis pour une escapades jusqu'aux limites du faisceau de manœuvre de Longueville.
141tb407.jpg Petites explications sur le système de freinage et ses commandes, le temps de mettre la chaudière en pression, et c'est parti pour un démarrage canon, chose pour laquelle cette machine a été conçue.

Puis, une visite guidée, menée par un membre passionné, nous a récapitulé l'histoire de l'association, du dépôt de Longueville avant de passer à un bref historique de la célèbre 140 C 231, connue notamment pour son passage dans le film Un Long Dimanche de Fiançailles de Jean-Pierre Jeunet.
Après un parcours rapide de la rotonde et du matériel abrité en exposition, dont la voiture de Troisième classe de la rame Saint-Germain et un magnifique wagon postal entièrement restauré par les membres de l'Ajecta, nous voici embarqués à faire le tour des machines à vapeur exposées à l'extérieur.
Ce fut l'occasion de revenir sur l'immatriculation unifiée de la SNCF mise en place lors de la fusion des différentes compagnies privées en l'entité SNCF (si besoin de détails, merci de m'en faire part par le biais d'un commentaire).
La locomotive de manœuvre 040 TA 137 est un bel exemple de machine dédiée à la manœuvre. A l'époque, les machines à vapeur était conçues pour occuper une tâche bien précise : il fallait des locomotives autonomes, courtes mais puissantes pour la manœuvre et la configuration de la 040 TA était idéale pour cela.
040ta137.jpg A l'époque, un moteur à vapeur ne pouvait pas aller plus vite que deux tours de roue à la seconde. Le seul moyen d'influer la vitesse de la locomotive était donc de jouer sur le diamètre des roues motrices ; plus on augmente le diamètre, plus on va vite mais moins on a de puissance. Cette contrainte a influencé profondément la conception des machines à vapeur jusqu'à la fin de leur règne, au début des années 1970.
En effet, une locomotive de train de marchandises se devait d'être très puissante pour tirer des centaines, voire des milliers de tonnes. Ainsi, les locomotives à vapeur avait un faible diamètre de roues motrices qui permettait de transmettre toute la puissance au rail, et ainsi tirer des trains imposants.
A l'opposé, les trains voyageurs avait besoin d'aller vite et n'avait pas besoin de tant de puissance. Ces locomotives disposaient donc de roues d'un diamètre très impressionnant, et certains beaux spécimens sont visibles à la Cité du Train à Mulhouse.

Ce ne sont évidemment pas les seuls matériels visibles, il y a notamment de magnifiques rescapées de l'ancienne Compagnie de l'Est et de l'ancienne Compagnie du Nord, la locomotive Rimaucourt qui doit être la plus ancienne du parc, mais dont le foyer est fendu et qui nécessitera un investissement énorme du fait de sa construction en cuivre. La visite des voitures salon Pullman de la CIWL était également fascinante, ces trains de luxes avaient tout pour marquer les esprits ! Vivement que l'on puisse s'offrir un petit voyage à la vapeur dans ces voitures !
Quelques scènettes de la vie d'un dépôt était également offerte aux visiteurs, comme le chargement en charbon de la 141 TB. chargement_charbon.jpg
Le final : le retournement de la 141 TB 407 sur le pont tournant. Quel spectacle quand on ne l'a jamais vu ! Les organisateurs ont fait la part belle aux photographes en faisant effectuer plusieurs tours à la locomotive, offrant ainsi tous les profils de la locomotive.
141tb407_pont_vapeur.jpg
Cette visite a été fantastique, les membres de l'association s'étant efforcés de faire vivre ce matériel aujourd'hui disparu du trafic régulier et ont ainsi transmis leur passion. Nous tenons également à saluer notre guide qui nous a fournis énormément de petits détails tout en ajoutant de petites pointes d'humour à ces explications. Notre guide nous ayant retrouvé au moment de la démonstration du pont tournant avec la 141 TB, il nous a proposé de continuer la visite mais le temps nous manquait, dommage. En tout cas, rendez-vous l'année prochaine pour les 40 ans de l'association !
Je mettrai une petite galerie de photo à disposition, le temps de faire le tri de tout ça, mais le temps me manque.