Belle journée à Longueville (77)
Par Thomas Reiss le dimanche 16 septembre 2007, 09:26 - Ma vie - Lien permanent
Les journées du patrimoine, le 15 et 16 septembre, invitent les français à
se rendre dans les musées ou encore à participer à des évènements organisés par
diverses associations. Pour cette occasion, Mlle M. et moi avons décidé d'aller
visiter le musée vivant du train à vapeur de l'Ajecta.
L'Ajecta est une association dont le but est de sauvegarder et surtout de faire
vivre le patrimoine ferroviaire français, et notamment de belles locomotives à
vapeur ou encore des voitures Pullman de la Compagnie Internationale des Wagons
Lits qui ont notamment constitué le train de luxe l'Orient-Express.
Nous ne connaissions pas l'association et son travail, ces journées du
patrimoine tombait donc à pic pour découvrir tout cela.
Arrivés aux environs de Provins, directement Longueville... Le dépôt de
l'Ajecta se trouve non loin de la gare SNCF, il faut longer le magnifique
viaduc de la ligne Paris-Troyes pour y accéder. Il y a déjà beaucoup de monde
présent, aussi nous empressons nous de nous rendre sur les lieux.
A peine arrivé, un membre de l'association nous invite à prendre place dans
un petit train composé d'un locotracteur diesel tractant les wagons de Première
et Seconde classe issue de la rame Saint-Germain, dont la fabrication se situe
aux alentours de 1850 et qui s'attelle à la Crampton n°80, surnommée « le
Lévrier du Rail » et visible au Musée du Chemin de Fer de
Mulhouse.
La Première classe était très luxueuse pour
l'époque: vrais fauteuils rembourrés, éclairage, vitrage, etc. A l'opposé, la
Seconde classe était simplement pourvue de banc en bois inconfortable,
heureusement d'un toit qui ne protégeait pas de grand chose, et était ouverte à
tout vent... Et encore, la voiture de Troisième classe, visible sous la
rotonde, ne disposait pas de toit !
Après cette petite mise en jambe, nous
sommes allés faire un petit tour dans la cabine de conduite de la 141 TB 407,
locomotive à vapeur autrefois exploitée sur les lignes de la banlieue
parisienne et qui était la vedette de ces journées.
Après un petit briefing de l'équipe de conduite, composée d'un chauffeur et
d'un mécanicien, pour se familiariser avec les différents éléments du poste de
conduite, et surtout des principales commandes, nous voilà partis pour une
escapades jusqu'aux limites du faisceau de manœuvre de Longueville.
Petites explications sur le système de
freinage et ses commandes, le temps de mettre la chaudière en pression, et
c'est parti pour un démarrage canon, chose pour laquelle cette machine a été
conçue.
Puis, une visite guidée, menée par un membre passionné, nous a récapitulé
l'histoire de l'association, du dépôt de Longueville avant de passer à un bref
historique de la célèbre 140 C 231, connue notamment pour son passage dans le
film Un Long Dimanche de Fiançailles de Jean-Pierre Jeunet.
Après un parcours rapide de la rotonde et du matériel abrité en exposition,
dont la voiture de Troisième classe de la rame Saint-Germain et un magnifique
wagon postal entièrement restauré par les membres de l'Ajecta, nous voici
embarqués à faire le tour des machines à vapeur exposées à l'extérieur.
Ce fut l'occasion de revenir sur l'immatriculation unifiée de la SNCF mise en
place lors de la fusion des différentes compagnies privées en l'entité SNCF (si
besoin de détails, merci de m'en faire part par le biais d'un
commentaire).
La locomotive de manœuvre 040 TA 137 est un bel exemple de machine dédiée à la
manœuvre. A l'époque, les machines à vapeur était conçues pour occuper une
tâche bien précise : il fallait des locomotives autonomes, courtes mais
puissantes pour la manœuvre et la configuration de la 040 TA était idéale pour
cela.
A l'époque, un moteur à vapeur ne pouvait
pas aller plus vite que deux tours de roue à la seconde. Le seul moyen
d'influer la vitesse de la locomotive était donc de jouer sur le diamètre des
roues motrices ; plus on augmente le diamètre, plus on va vite mais moins
on a de puissance. Cette contrainte a influencé profondément la conception des
machines à vapeur jusqu'à la fin de leur règne, au début des années 1970.
En effet, une locomotive de train de marchandises se devait d'être très
puissante pour tirer des centaines, voire des milliers de tonnes. Ainsi, les
locomotives à vapeur avait un faible diamètre de roues motrices qui permettait
de transmettre toute la puissance au rail, et ainsi tirer des trains
imposants.
A l'opposé, les trains voyageurs avait besoin d'aller vite et n'avait pas
besoin de tant de puissance. Ces locomotives disposaient donc de roues d'un
diamètre très impressionnant, et certains beaux spécimens sont visibles à la
Cité du Train à Mulhouse.
Ce ne sont évidemment pas les seuls matériels visibles, il y a notamment de
magnifiques rescapées de l'ancienne Compagnie de l'Est et de l'ancienne
Compagnie du Nord, la locomotive Rimaucourt qui doit être la plus ancienne du
parc, mais dont le foyer est fendu et qui nécessitera un investissement énorme
du fait de sa construction en cuivre. La visite des voitures salon Pullman de
la CIWL était également fascinante, ces trains de luxes avaient tout pour
marquer les esprits ! Vivement que l'on puisse s'offrir un petit voyage à
la vapeur dans ces voitures !
Quelques scènettes de la vie d'un dépôt était également offerte aux visiteurs,
comme le chargement en charbon de la 141 TB. 
Le final : le retournement de la 141 TB 407 sur le pont tournant. Quel
spectacle quand on ne l'a jamais vu ! Les organisateurs ont fait la part
belle aux photographes en faisant effectuer plusieurs tours à la locomotive,
offrant ainsi tous les profils de la locomotive.

Cette visite a été fantastique, les membres de l'association s'étant efforcés
de faire vivre ce matériel aujourd'hui disparu du trafic régulier et ont ainsi
transmis leur passion. Nous tenons également à saluer notre guide qui nous a
fournis énormément de petits détails tout en ajoutant de petites pointes
d'humour à ces explications. Notre guide nous ayant retrouvé au moment de la
démonstration du pont tournant avec la 141 TB, il nous a proposé de continuer
la visite mais le temps nous manquait, dommage. En tout cas, rendez-vous
l'année prochaine pour les 40 ans de l'association !
Je mettrai une petite galerie de photo à disposition, le temps de faire le tri
de tout ça, mais le temps me manque.





Commentaires
de bien belles images !
Merci pour ce compte-rendu sympathique de votre visite à la rotonde de Longueville. Je crois m'être reconnu comme le guide qui vous avait accueilli et profite de l'occasion pour rectifier une erreur de ma part:
si la limite de vitesse d'une locomotive à vapeur est avant tout liée à la vitesse de rotation de ses roues, un calcul rapide m'a montré que cette vitesse limite n'est pas de deux tours par seconde comme je vous l'avais dit, mais plutôt 5 à 6.
A noter: la 141 TB 407 est en ce moment même entrain de rouler pour son premier grand train de voyageurs entre Troyes et Paris.
Au plaisir de vous accueillir à nouveau l'année prochaine.